Pourquoi planter des haies ?

Le point en Hesbaye

Le remembrement d’il y a 30 ans a supprimé beaucoup d’éléments naturels. L’arasage des talus, le comblement de mares, l’arrachage des arbres et des haies a eu un impact important sur le paysage, la biodiversité et les inondations.

On se rend compte aujourd’hui que ces éléments sont importants pour la nature et la société. Voilà pourquoi on essaie de les retrouver dans nos campagnes. Parmi ces différents éléments naturels, qui ont tous leur importance, la haie est particulièrement bénéfique à l’environnement. Elle peut : délimiter les propriétés, couper le vent et augmenter le rendement des cultures, fixer le sol et empêcher l’érosion, jouer un rôle de barrage filtrant face aux coulées boueuses, régénérer l’humus et donc la qualité du sol, abriter le bétail, structurer le paysage, jouer le rôle de corridor écologique, et fournir nourriture et abris à la faune sauvage.

La haie : partenaire des agriculteurs :

Une protection contre le vent et la pollution

Le vent, souvent très puissant dans nos campagnes, accélère l’évaporation de l’eau présente dans le sol. Une haie conduite en brise vent permet réduire cet effet asséchant en ralentissant la force du vent. Des études montrent que cet effet s’étend jusqu’à 20 fois la hauteur de la haie !

La haie évite la verse des céréales et la chute des fruits dans les vergers. Globalement, les rendements en grandes cultures sont améliorés de 5 à 30 % ; le rendement des vergers en régions exposées peut être doublé !

En isolant la culture de la route, la haie joue un rôle d’écran protecteur contre les particules fines des gaz d’échappement. De la même manière, les haies permettent de se protéger des produits phytosanitaires lors des pulvérisations.

Un abri pour les auxiliaires des cultures

En offrant un habitat et en reliant les zones où les espèces trouvent refuge, la haie contribue à sauvegarder et développer la vie sauvage.

La haie favorise l’activité des pollinisateurs. Ceux-ci, en fréquentant les cultures avoisinantes, augmentent les rendements des légumineuses, du colza, du tournesol, … Les haies regorgent d’auxiliaires des cultures : coccinelles, syrphes, punaises, araignées, carabes… qui se nourrissent de nombreux ravageurs tels que les pucerons.

En attirant des oiseaux comme le Faucon crécerelle et la Chouette chevêche, les haies participeront aussi à lutter contre les campagnols. Elle permet aussi d’aider les espèces menacées en Hesbaye, telles que la perdrix grise ou l’Alouette des champs.

Une assurance de la structure et de la qualité du sol

Une haie de feuillus fertilise le sol jusqu’à 50 m autour de son pied. D’une part, ses racines puisent les éléments minéraux du sol et les restituent à la surface, principalement par ses feuilles. D’autre part, la décomposition conduit à un enrichissement de la terre en matières organiques et stimule la vie dans le sol.

Plantées stratégiquement, les haies ralentissent le flux des eaux de ruissellement et peuvent donc prévenir les coulées de boues causées par l’action érosive de l’eau. Plantées densément, les haies peuvent aussi jouer le rôle de barrage filtrant, ce qui permet de garder les terres superficielles très riches en matières organiques dans les champs, plutôt que de les voir s’écouler dans les fossés ou les égouts.

Une source d’énergie et d’engrais

La haie champêtre, gérée de manière particulière peut servir à fournir du bois de chauffage, par exemple sous forme de bois déchiqueté pour chaudière à plaquettes. Le broyage des branches issues de l’entretien peut également servir à produire du bois raméal fragmenté (BRF). Ce broyat est très intéressant en agriculture car il permet de restructurer, fertiliser, et augmenter la vie du sol.

Un moyen de lutte contre le changement climatique

Les haies en grandissant, absorbent le carbone de l’air et le stockent dans leur bois et leurs racines, participant activement à la lutte contre le changement climatique. Planter 1 km de haies stocke de 550 à 900 tonnes d’équivalent carbone sur un siècle. C’est à peu près ce que nous émettons en Belgique par habitant sur le même laps de temps.

 

Comment bien planter un arbre ?

 

Avant la plantation : bien transporter et entreposer

Quelque chose de capital pour réussir une plantation : prendre soin des plants avant la plantation. En pépinière, on peut acheter des plants en pot ou en racines nues. Dans les deux cas il faut faire très attention à ce que l’arbre ne sèche pas. Un arbre, même en repos végétatif (en hiver, lorsque ses feuilles sont tombées et n’aspirent donc plus l’eau des racines) peut mourir s’il est desséché. Veillons donc à maintenir les racines humidites lors du transport et de l’entreposage avant plantation.

Les arbres en pots coutent plus cher, mais ont moins de risque de sécher, et sont « déplacés » avec leurs racines microscopiques. La reprise est donc plus facile.

Les arbres en racines nues sont arrachés de leur environnement et ne disposent donc plus que de +- un tiers de leurs racines (les microscopiques restant sur place). Ils sont donc plus stressés, et plus sensible aux dessèchement, surtout qu’ils ne disposent plus de terre. Ce mode de transplantation doit être effectué avec prudence : lors de fort ensoleillement ou de grand vent les plants peuvent très vite sécher. Protégez-les avec une couverture humide, ou si vous les stockez plusieurs semaines avant de les planter, mettez-les en jauche (couvrez les racines de terre, ou plantez les quelque part provisoirement).

Les étapes de la plantation :

  • Creusez un trou large et profond, et ameublissez le sol. Si votre sol est fort argileux, y déposer des cailloux ou du sable mélangé à de la terre pour faciliter le drainage.
  • Taillez légèrement l’extrémité des plus grosses racines pour « réveiller » leur croissance.
  • Mélangez la terre excavée avec du compost ou du terreau. Déposez ce mélange dans le trou avant d’y déposer l’arbre. Positionnez-le de manière à ce que le collet (base du tronc) soit légèrement au-dessus du sol. S’il y a un point de greffe, veillez à ne pas l’enterrer.
  • Couvrez de terre, fixez un tuteur, et tassez légèrement du pied tout en créant une cuvette d’arrosage. Arrosez abondamment. Veillez à arroser régulièrement les deux premières années.
  • Paillez de copeaux de bois, de paille, ou des résidus de tonte, afin de limiter la pousse d’herbes, et de garder le sol frais et humide. S’il y a un danger de broutage, placez un grillage autour du tronc.

NB : S’il s’agit d’une haie, ces étapes peuvent être simplifiées. Il est en effet moins important de maximiser la reprise rapide de chacun des plants.

Comment concevoir une haie ?

Les différents types de haies

Tout d’abord il faut choisir quel type de haie nous voulons planter, en fonction de son rôle et de la place dont nous disposons.

Il existe plusieurs types de haies : la haie champêtre (typique de nos campagnes, avec des arbustes hauts et bien denses, taillés une fois tous les 5 ans), la haie basse (taillée 3 à 6 fois par an, avec une structure très basse, typique de nombreux jardins en ville), la haie arborée (qui se caractérise par la présence d’arbres que l’on laisse se développer dans la haie, diversifiant sa structure en hauteur), et la haie mixte (composée de nombreuses essences, elle s’oppose à la haie monospécifique qui n’abrite qu’une essence comme le hêtre, le charme ou le troène).

Les haies mixtes, et arborées sont clairement celles qui présentent le plus grand intérêt pour la biodiversité. Elles produisent des fleurs et des fruits en abondance, tout en offrant une diversité d’habitats comme des sites de nidification pour la faune.

Le choix des espèces

Les essences à préconiser sont les essences indigènes avec une préférence pour les fruitiers comme l’aubépine, le prunellier, le cornouiller sanguin, le cornouiller mâle, la viorne obier, la viorne mancienne, la bourdaine, le troène sauvage, et le houx. Le tableau suivant vous donnera des indications quant au besoin des principales espèces. Par ailleurs, si vous aimez les couleurs, optez pour les floraisons blanches du sureau, de l’aubépine et du prunellier, les tiges rouges du cornouiller, ou les feuillages automnaux orangés du sorbier, du charme et de la viorne.

Le plan de plantation

On va définir l’ agencement des espèces et l’espacement. Ensuite il faut trouver de jeunes plants (de 2 à 3 ans). La période de plantation idéale est fin novembre, avant les grands froids. Pour la disposition, il vaut mieux disposer les pieds en quinconce sur deux lignes, et n’alternez les essences que tous les 3-4 pieds pour avoir des « groupes d’essences » dans la haie et diminuer l’effet de la compétition interspécifique.

 

Exemple de haie libre mélangée (assez espacée, peut être resserrée) :

NB : Mettre de temps en temps un arbre haute tige (gros rond – 10% du total)

Et pour l’entretien ?

Toujours en fonction de son type, une haie va demander plus ou moins d’entretien.

L’entretien de votre haie commence la troisième année, et dépend de son type. Pour la haie basse taillée, il faut intervenir une à deux fois par an. Pour la haie libre, c’est tous les deux à trois ans, et seulement sur les pousses plus fortes qu’il faut intervenir.  L’effort de taille sera varié selon l’espèce, afin d’obtenir une forme plus harmonieuse que les « murs de verdure », mais également pour contrôler la concurrence entre les espèces pour secourir les moins vigoureuses.

Pour obtenir une haie plus dense, on peut recéper les plants de la haie. L’année suivant la plantation, lors de l’hiver, coupez à 10-20 cm du sol les jeunes plants afin que les plants produisent de nouvelles branches et deviennent bien touffus à la base.

Laissez les feuilles mortes et le bois mort au pied de la haie, ne travaillez pas le sol sous les buissons, et essayez de ne pas couper l’herbe à moins de 50 cm du bord de la haie. Ainsi, à l’abri du soleil, vous pourrez voir apparaitre certaines fleurs qui n’apprécient pas l’excès de lumière. Ainsi, après une dizaine d’années, votre haie atteindra sa maturité et foisonnera de vie !

Plus d’information sur les pratiques favorables à la biodiversité au jardin.

 

La haie dense contre les coulées boueuses

Le but est d’implanter une haie vive et dense, à enracinement rapide et profond. Les espèces à favoriser sont les cornouillers, le fusain, le noisetier, le troène et la viorne. Les plants seront mis en place en quinconce sur trois rangs à une distance de +- 50 cm (6 pieds par mètre linéaire).

La haie est idéalement plantée en aval d’un barrage filtrant (fascine) pour bénéficier d’une protection mécanique contre le ruissellement pendant les premières années de croissance. Prévoir d’implanter un géotextile, un broyat de branches ou de la paille à installer au pied des plants.

Il ne faut pas de taille l’année de la plantation, mais seulement lorsque les plants ont bien repris vigueur, à la fin du second hiver. Réalisez un premier recépage (coupe en biseau du plant à 10 cm du sol de manière à ne laisser qu’un ‘chicot’ sortant du sol). Ce recépage est répété tous les deux ans et ce jusqu’à 10 ans d’implantation de la haie. Par la suite, c’est un recépage de +/- 3 à 4 ans qui est effectué afin de maintenir les plants jeunes. Cela est à adapter en fonction de la manière dont la haie grandit. Le recépage doit être sélectif. L’objectif de la taille est de favoriser l’élargissement du pied par l’apparition de bourgeons latéraux ou le drageonnement.

 

Combien ça coûte ?

Pour avoir une estimation exacte, le mieux est de demander un devis dans une jardinerie lorsque le nombre de plants est fixé. Généralement, un plant d’arbre d’une essence indigène destiné a être planté dans une haie (en racines nues) coûte environ 0.50 €.

Pour favoriser la plantation de haies, la Wallonie offre une subvention à la plantation s’élevant à 3€ du mètre (doublé si la haie est plantée par un professionnel). Un formulaire à compléter doit être envoyé au DNF trois mois avant la réalisation des travaux.

Toutes les informations sur cette subvention sont disponibles sur le site de la Wallonie (cliquez-ici)

 

Envie de vous lancer ?

Vous voulez recevoir des conseils pour mettre en place une haie ?

Vous voulez nous aider lors d’un chantier participatif ?

Laissez vos coordonnées à notre chargé de mission Environnement, William Ortmans.